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De quoi La Démondialisation est-elle le nom ?

Je ne peux résister à vous faire part des propos plus que salvateurs du bon Professeur Lordon dans la dernière livraison du Monde Diplo.

Je vous renvois à l’article en une et en page 8 mais vous livre néanmoins mon sentiment.

La décroissance est un terme vague, enfin tout du moins dans la bouche de ses opposants. C’est donc un mot qui fait peur tant il est attaqué sur des bases bien peu argumentées (tout le propos d’article susmentionné).

A ce jour il n’est porté que par Arnaud Montebourg, futur candidat malheureux à la primaire socialiste. Voilà ce qu’en dit par exemple Manuel Valls, futur encarté UMP et pour le moment candidat lui aussi à la primaire socialiste (il est au courant «qu’officiellement» le PS est encore un parti de gauche ???) :  » La démondialisation est un concept parfaitement réactionnaire. Il est en parfaite contradiction avec le cœur de la gauche qu’est l’internationalisme « ……

Autre attaque empli de morgue, de crétinisme avancé et d’amalgames fumeux : à la question  » Que pensez-vous du concept de démondialisation prôné par Arnaud Montebourg […] ? », le ministre actuel des finances (M Baroin ; si, si je vous jure c’est lui le ministre ….), répond :  » Arnaud Montebourg ne devrait pas s’arrêter là. Il devrait proposer le retour de la marine à voile et de la lampe à huile ! Il faut qu’il aille au bout de sa logique : on peut parfaitement traverser les siècles à l’envers. C’est à mi-chemin entre la naïveté et l’inconscience politique. Que signifie, dans un pays comme la France, le retour au protectionnisme, le repli sur soi, l’isolement absolu ? Il est d’ailleurs singulier de retrouver une partie de ces thèses au Front National »

Comme je le dis souvent : plutôt que de dire une connerie, Mrs Valls et Baroin feraient tout simplement mieux de se taire. Et je ne parle pas là d’atteinte à leur droit légitime et inaliénable de ne pas être d’accord avec moi, non je parle simplement de mon droit à moi de ne pas être abreuvé de propos à l’encan qui fleur bon le poujadisme, la misère intellectuelle de celui qui les distille et qui insulte mon intelligence forgée de si haute lutte sur les bancs de l’école public !!!!

Ces propos démontrent une telle bêtise et un tel mépris pour le simple principe, en tant que responsable politique, de réfléchir un peu avant de distribuer des propos venimeux et sans fondements intellectuels, que les bras m’en tombent … Floc …….

Mais Professeur Lordon vous en convaincra bien mieux que moi 😮

Juste pour le plaisir voici sa conclusion pour vous pousser à lire l’article et donc à lire le Diplo (oui je sais c’est dur parfois mais ça muscle un peu la tête ….).

La Démondialisation, une définition finalement très simple.
Frédéric Lordon – Economiste, Professeur, Auteur (Nda : entre autre) de ‘D’un retournement l’autre. Comédie sérieuse sur la crise financière. En quatre actes, et en alexandrins. Ed. Seuil. Paris.2011.

[…] Mais l’on pourrait aussi, à l’exact opposé, ramener la controverse de la démondialisation à une question d’identification conventionnelle finalement très simple, sous la lumière crue de la conjoncture présente. La concurrence non faussée entre économies à standards salariaux abyssalement différents ; la menace permanente de délocalisation ; la contrainte actionnariale exigeant des rentabilités financières sans limites, telles que leur combinaison opère une compression constante des revenus salariaux ; le développement de l’endettement chronique des ménages qui s’ensuit ; l’absolue licence de la finance à déployer ses opérations spéculatives déstabilisatrices, le cas échéant à partir  des dettes portées par les ménages (comme dans le cas des subprime) ; la prise en otage des pouvoirs publics sommés de venir au secours des institutions financières déconfites par les crises récurrentes ; le portage du coût macroéconomique de ces crises par les chômeurs, de leur coût pour les finances publiques par les contribuables, les usagers, les fonctionnaires et les pensionnés ; la dépossession des citoyens de toute emprise sur la politique économique désormais réglée d’après les seuls desiderata des créanciers internationaux et quoi qu’il en coûte aux corps sociaux ; la remise de la politique monétaire à une institution indépendante hors de tout contrôle politique : c’est tout cela qu’on pourrait, par une convention de langage peu exigeante, décider de nommer mondialisation.

D’où suit, toujours aussi simplement, que se dire favorable à la démondialisation n’est alors, génériquement, pas autre chose que déclarer ne plus vouloir de ça !

Moi je dis : la pensée quand elle est aussi belle, aussi éclairante, est quelque chose de formidable.

EDIT [1] : dans cet article du Diplo, un ‘pseudo’-économiste est violemment attaqué par le Profeseur Lordon ; il s’agit d’Elie Cohen. je mets en copie un article de MédiaPart sur ce personnage et vous trouverez également un lien vers le site Agoravox, qui donne une idée du pédigrée du personnage : dites moi qui vous fréquentez et je vous dirais pourquoi vous tenez tel ou tel discours ….. En fin de citation, la vidéo de France Inter.

Lorsque ce vendredi 12 août 2011 le journaliste de France inter demande à Elie Cohen, éminent économiste multi-casquettes, si par hasard la financiarisation de l’économie mondiale ne serait pas au centre des crises des 15 dernières années, il répond: « Mais qu’est ce que vous voulez la financiarisation c’est nous qui l’avons voulu. ». De quoi nous plaignons-nous puisque c’est de notre faute.Mais qui est donc ce nous responsable de tant de malheurs financiers?

Là est la clé de l’énigme, il y a bien un nous qui a décidé de la libéralisation de la finance mondiale avec des hommes et des femmes politiques qui ont signé les traités et autre lois permettant la prise de pouvoir des marchés financiers sur les représentants des peuples. Volontairement, par des décisions politiques réfléchies, les élus se sont délestés de leur pouvoir pour les transférer à des acteurs sur lesquels ils n’ont, et surtout ne veulent avoir aucun contrôle. Le diagnostic est évident, et notons au passage que ce qui a été fait politiquement peut être défait de la même manière, autrement dit la solution de l’affaire est politique.

Mais d’après Elie Cohen, professeur-chercheur-économiste, pourquoi en parler puisque nous l’avons voulu.

Si les personnalités politiques de tous bords cités ci-dessus sont obligatoirement incluses dans le nous, qui faut-il intégrer d’autre derrière ce nous? Elie Cohen sans doute, mais qu’en est-il des citoyens qui, rappelons cette trivialité, sont censés détenir le pouvoir en démocratie?

Cette morgue du professeur-économiste-chercheur est insupportable car nous  a-t-on demandé notre avis concernant la mise en concurrence des économies des différents pays de l’union européenne? nous a-t-on demandé si nous étions d’accord pour supprimer nos services publics? nous a-t-on demandé si nous voulions bien que notre pays  finance désormais notre dette (parce que là aucun problème c’est bien la dette de tous les français)  uniquement sur les marchés financiers internationaux?

En un sens oui, c’était en 2005, et nous avons répondu mais nous n’avons pas été écoutés. Pire nous avons été méprisés, par des personnalités dont Elie Cohen justement. Reprenons une interview du grand expert, c’était le 21 avril 2005 pour le journal Le monde. Que nous disait Mr Cohen?

Lorsque la journaliste lui demande s’il va voter oui ou non lors du référendum sur le traité constitutionnel européen, il répond : « Je vote oui. C’est un oui de raison, pas d’enthousiasme. Au moins est-ce un clair non au non. Le non français peut être le point de départ d’un processus d’involution de l’Europe. Nous avons énormément de problèmes et manquons terriblement d’énergie politique. Mais ce serait un paradoxe extrême que l’Europe éclate au moment où montent en puissance l’Inde et la Chine et où les États-Unis confirment leur leadership.

De plus, la France, sans l’Europe, serait contrainte de s’adapter plus vite à l’ordre économique dominant. Pour toutes ces raisons, le non de gauche est une hérésie. »

 Nous avons donc commis une hérésie, diantre mais il faudrait  envoyer  55% de la population au bûcher!

« L’argumentation » d’Elie Cohen en 2005 ne tient pas. Premièrement à le suivre le non au TCE serait le début de la fin de l’Europe. En un sens il aurait dû avoir raison car c’était bien un rejet de l’Europe néolibérale telle qu’elle s’était construite depuis 50ans auquel nous avons assisté. Nous espérions donc un changement radical d’Europe et c’est ce qui aurait dû se produire dans une vraie démocratie, puisque même sans les titres ronflants de Mr Cohen, nous avions compris l’impasse dans laquelle s’enfonçait l’Europe et nous voulions éviter le genre de crise que nous vivons actuellement.

Malheureusement là s’arrête la justesse de son raisonnement, car le TCE bien que rejeté par les français est actuellement en vigueur sous le nom de traité de Lisbonne qui en est la copie conforme de l’aveu même du rédacteur principal du TCE, Mr Giscard d’Estaing en personne. Même si l’hérésie a eu lieu, le désastre auquel nous assistons ne peut en aucun cas être imputé au refus français. Avec un peu d’audace nous pourrions presque supposer que c’est justement  parce qu’il est en vigueur que les choses vont si mal. Mais chut nous l’avons bien cherché.

Un des grands arguments des pro-oui lors du débat sur le TCE était de dire que de toute façon ce traité ne changeait rien puisqu’il reprenait et synthétisait tous les traités antérieurs. Et que cela ne changerait donc pas grand chose. A un détail près, celui de l’acceptation démocratique du projet européen. En quelque sorte avec le TCE nous avions la possibilité d’exprimer notre avis sur la construction européenne telle qu’elle avait été pratiquée depuis les années 50 dans les cabinets ministériels, c’était la première fois depuis Maastricht. Or en 2005 l’échec de la Communauté Européenne était tellement patent que ce qui commençait à se profiler en 92 s’est concrétisé en 2005.

Lorsque l’on regarde l’Europe de 2011, fonctionnant avec son TCE renommé, nous ne pouvons qu’être admiratif devant la clairvoyance de notre professeur/chercheur en économie. Qui allons-nous dévorer après la Grèce?

Quelle violence et quelle honte que cette Europe construite par ce tout petit nous. Pourtant nous étions des imbéciles, nous, les citoyens qui espérions et continuons d’espérer autre chose qu’une Europe de la prédation financière et politique.

Pourtant la réalité est tellement simple, trop peut-être pour un sur-diplômé. L’union européenne a été construite non seulement à l’ombre des peuples, mais depuis 2005 carrément contre les peuples. Du moins nous en sommes certains en ce qui concerne les français, les irlandais et les hollandais qui ont tous refusé le TCE/traité de Lisbonne. Pour les autres peuples européens il aurait peut-être fallu commencer par leur demander leur avis. Le nous est donc extrêmement limité et représente en fait un vous, cette oligarchie qui se croit habilitée à décider au nom de tout un continent et dans laquelle Elie Cohen a l’air de s’inclure. Comme tous les indignés qui fleurissent dans le monde occidental, nous considérons que cette oligarchie ne nous représente pas, et que c’est vous qui avez voulu et construit cette Europe pathétique, dans laquelle ne l’oublions pas beaucoup d’entre vous y trouvent un intérêt certain. Pas nous.

http://blogs.mediapart.fr/blog/Fr%C3%A9d%C3%A9rick%20Stambach

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